
Dans un article précédent, on a exploré les origines de notre incapacité à poser des limites dans nos relations aux autres. À présent, voici des pistes concrètes pour t’aider à passer à l’action :
- Être clair avec soi-même
Comment veux-tu que les autres respectent tes limites si tu ne les connais pas toi-même ? À toi donc de faire un travail d’introspection : quels sont les comportements que tu ne veux plus tolérer de la part des autres ? Dans quels domaines de ta vie est-ce que certaines personnes te traitent d’une façon qui te gêne ? Dans quelles situations est-ce que tu ne te sens pas libre dans ta relation aux autres ? Sois aussi précis(e) que possible.
Par exemple : un de tes proches te contacte souvent à des horaires qui ne t’arrangent pas, mais par politesse tu te sens quand même obligé(e) de décrocher ton téléphone ou de répondre à ses messages. Cependant, en faisant cela tu développes malgré toi du ressentiment envers cette personne. Peut-être est-il temps de communiquer à ton entourage qu‘il ne faut pas t’appeler à certains horaires : « je ne suis pas joignable après 19 heures sauf si c’est urgent », par exemple.
- Être cohérent avec soi-même
Combien de fois t’est-il arrivé de vouloir une chose, puis de céder à la pression des autres et de faire totalement autre chose ? De plus, nos propres motivations sont complexes et peuvent parfois nous amener à agir de façon contradictoire. Une fois que tu as décidé d’une certaine ligne de conduite, efforce-toi de t’y tenir. Je sais, c’est plus facile à faire qu’à dire, mais plus tu t’entraîneras à le faire et plus cela viendra naturellement !
Par exemple : un(e) de tes collègues ou camarades de classe n’arrête pas te draguer. Tu n’as pas de sentiments pour cette personne, mais tu apprécies de recevoir de l’attention et tu finis par céder à ses avances un peu malgré toi. Et te voilà coincé(e) dans une relation que tu n’as pas vraiment choisie. Si tu avais été cohérent(e) avec toi-même, tu lui aurais dit dès le départ : « désolé(e), je ne suis pas intéressé(e) ».
- Poser des limites avec respect et bienveillance
Les autres sont des êtres humains sensibles comme nous et leurs intentions envers nous ne sont pas forcément mauvaises. Pour poser des limites, il faut donc s’y prendre avec tact, respect et bienveillance. Après tout, peut-être qu’ils ne sont même pas conscients que leur comportement te pose problème. Donc ce que tu peux faire, c’est non pas les accabler de reproches, mais leur présenter la situation de façon objective, expliquer calmement pourquoi leur comportement ne te convient pas, et proposer des solutions alternatives.
Pour reprendre le premier exemple : tu pourrais dire à quelqu’un qui t’appelle à des heures impossibles « quand je sors du travail je suis fatigué(e), donc je n’aime pas qu’on m’appelle le soir. Ça me fait plaisir de discuter avec toi, mais si ça ne te dérange pas je préfère qu’on s’appelle plutôt le week-end. »
Cependant, tout en étant bienveillant(e), n’hésite pas à être suffisamment clair et ferme lorsque tu t’exprimes. Si les limites que tu essaies de poser sont perçues comme de simples suggestions en l’air, cela risque de ne pas marcher.
- Faire preuve de fermeté quand quelqu’un enfreint tes limites
Être bienveillant et gentil c’est très bien, mais ça n’exclut pas comme on vient de le dire de faire preuve de fermeté. Si tu as déjà communiqué à quelqu’un tes limites et qu’il n’en tient pas compte, ne laisse pas glisser l’affaire comme s’il ne s’était rien passé. Une chose en entraînant une autre, la situation risque d’empirer. Il faut tout de suite faire remarquer à la personne que ce qu’elle vient de faire ne correspond pas à ce dont vous aviez convenu ensemble et lui demander de ne plus recommencer à l’avenir.
Exemple : tu es un(e) jeune adulte qui habite encore chez ses parents et tu ne supportes plus que ta mère entre dans ta chambre sans prévenir ou touche à tes affaires. Tu pourrais lui dire gentiment mais fermement : « tu sais maman, je suis grand(e) maintenant. J’ai le droit d’avoir mon intimité. C’est pourquoi comme je te l’ai déjà dit j’aimerais que tu frappes avant d’entrer et que tu me laisses ranger mes affaires moi-même ! »
Voilà, j’espère que ces conseils t’ont aidé. En posant des limites dans tes relations avec les autres, tu te respecteras davantage toi-même et tu te sentiras davantage respecté(e) par ton entourage. En évitant de te laisser entraîner dans des situations qui ne te plaisent pas, tu t’épargneras beaucoup de stress, d’énervement et de frustration inutiles. Tu te sentiras plus libre, plus calme, plus posé(e). Tu auras la sensation que c’est toi qui contrôles ta vie et non l’inverse.
Merci pour ta lecture et passe une magnifique journée !
